
photo : Arnaud Martin (2011)
L’accroissement du nombre des personnes âgées, et notamment des plus dépendantes, concourent depuis longtemps à poser en des termes de plus en plus nets, le problème de la vieillesse dans notre société.
Actuellement, la France compte 1,6 millions de personnes de plus de 85 ans, elles devraient être près de deux fois plus nombreuses en 2020 pour atteindre 2,1 millions de personnes. Plus d’un tiers d’entre elles sont extrêmement dépendantes et nécessitent un placement en établissements spécialisés. L’âge moyen d’entrée en « maison de retraite » est aujourd’hui de 85 ans. Ces quelques chiffres montrent clairement l’ampleur de cette évolution. Ils soulignent également l’ambivalence de cette mutation sociétale : le développement de la dépendance est une des principales conséquences de l’augmentation de l’espérance de vie.
De cette augmentation, résulte la nécessité de réadapter les moyens dans les établissements spécialisés. Bien que, dans l’absolu, les moyens humains et financiers aient subit une augmentation substantielle ces dernières années - suivant en cela l’évolution de la population - la réalité nous montre souvent qu’elle ne suffit pas toujours à compenser l’ensemble des besoins nécessaires à l’accompagnement des personnes âgées en fin de vie. La surcharge de travail du personnel ne permet, par exemple, que partiellement la prise en considération du résident au-delà de ses besoins vitaux et des soins médicalisés qui lui sont nécessaires.
Cette modification profonde de la répartition des classes d’âge conduit tout naturellement l’ensemble de la communauté nationale à s’interroger sur la place qu’elle souhaite accorder à cette partie de la population. Si la prise en considération de ces questions trouve, aujourd’hui, un écho de plus en plus favorable dans l’espace publique, notamment à travers le débat national initié par l’Elysée en 2011, il est pourtant plus que jamais nécessaire de préparer activement le terrain d’un mieux-vivre ensemble.
« La perte d’autonomie est un enjeu de civilisation avant d’être une question financière »1 , c’est en ce sens que le dispositif porté par l’AC2M s’est construit : contribuer à améliorer le quotidien des personnes âgées et la prise en compte de l’individu pour tenter d’éviter déni et relégation.
1 Fondation Jean-Jaurès « Dépendance - pour une utopie réalisable », LIBERATION (28 février 2011)






